Participants : Michel B, Pipiou, Fred, André, Jean-Pierre et Michel Maillé en surface
Suite aux prospections des 2 Michel, une sortie a été programmée dans l'Aven du Bois de Bouisse où avait été signalé des "galeries artificielles" ! Grace à l'équipement réalisé par Pipiou, l'équipe de chercheurs topographico-géologico-archéologiques atteint le bas des 2 puits et la galerie descendante jusqu'au -79. La présence de gaz carbonique n'a pas permis d'atteindre le bas de la cavité.


COMPTE-RENDU DE VISITE
C’est un aven très original qui s’ouvre dans le versant nord
de la Montagne de Bouisse. Il se développe dans les dolomies du Cambrien (K2
-dolomies de la Rabasse), qui appartiennent à l’unité tectonique de Mélagues.
Le pendage moyen de ces formations est de 50° vers le NW. Le contact avec la
couverture triasique du col de la Moutoune est à 1 km à l’Est. Des
minéralisations en barytine, quartz, cuivre, ont étés exploitées à moins de 500
m au sud-est de l’aven. Elles sont liées à la paléo-surface antétriasique, au
niveau d’un haut-fond du col de la Moutoune, piégées dans d’anciennes cavités
karstiques. (J-M Rouchy, 1973).
Les relevés
topographiques et géologiques jusqu’au -79, révèlent une cavité régulièrement
adossée au mur d’une structure très régulière, orientée N 65° à pendage 75°
sud. Cette morphologie est très particulière dans ces formations cambriennes.
La structure est un filon composé de filonnets de quartz (parfois bipyramidés),
qui enveloppent des éléments des cristaux de dolomie bien exprimés avec de
rares sulfures. Par endroits de la barytine forme des amas conséquents dans le
filon. Peu ou pas de cuivre n’a été observé. Seules des pierres volantes avec
de belles minéralisation en quartz et cuivre, ont étés trouvés dans les cônes
d’éboulis. On peut faire l’hypothèse de cailloux provenant de l’extérieur. Une
halde est à rechercher en amont dans la pente en amont de l’aven.
- - 4 niches ont étés observées enter les niveaux –
68 et -79. Elles ont une forme rappelant une ancienne exploitation, avec des
traces d’outils mais sans aucun indice de minerai exploité seul dans quartz
bipyramidés sont présents dans les déblais).
- - Présence de CO2 vers le niveau – 70 (briquet
impossible à allumer et légers maux de tête).
Sur le plan régional, cette
structure est dans la même direction et en prolongement d’un filon de
microgranite. De nombreux filons de microgranite et de rhyolite sont injectés
dans les formations cambriennes, tous parallèles à la direction N70°.
Interprétations : L’aven est un paléo-karst qui
s’est développé au mur, dans l’éponte fracturée d’un filon à dolomie, quartz,
barytine. C’était une zone préférentielle de circulation des eaux. Il ne
s’éloigne jamais de plus de quelques mètres de la structure. La présence de
sulfures a certainement contribué à l’agressivité des eaux. La présence de CO2
à mi-hauteur de la cavité peut avoir une origine profonde magmatique, en ayant
remonté le long de la structure qui doit d’enfoncer profondément.
Une
prospection le long du prolongement de l’accident pourrait révéler d’autres
indices de karstification.